Entrée en vigueur depuis avril 2001, la directive 1999/5/CE appartient à la famille des directives nouvelles approches et concerne les équipements terminaux de télécommunications et équipements de stations terrestres de communications par satellite.
Cette directive incorpore les exigences essentielles des directives CEM et Basse Tension en plus de lui ajouter les siennes propres (Article 3 de la directive) :
- protection de la santé et de la sécurité de l’utilisateur (appel à la Directive Basse Tension 73/23/CEE mais sans limite inférieure de tension).Les exigences en terme de protection des personnes découlant de la directive Basse Tension incluent l'effet des ondes sur la santé.
- exigences de protection relatives à la compatibilité électromagnétique (en se référant aux articles 10-1 et 10-2 de la Directive CEM 89/336/CEE – L'article 10-5 ne s'applique plus)
- Conformité aux dispositions permettant une utilisation efficace du spectre des fréquences afin d’éviter des interférences dommageables.
Lorsque les normes harmonisées applicables à un équipement hertzien ne permettent pas de se prononcer sur l'ensemble des exigences essentielles (y compris l'incidence des champs émis pour la santé), la personne responsable de la mise sur le marché doit solliciter l'avis d'un Organisme Notifié. Cet organisme dispose de 4 semaines pour émettre un avis sur les essais à effectuer pour vérifier la conformité aux exigences essentielles. La procédure implique la rédaction d’un dossier technique. Ce dossier doit être conservé par le responsable de la mise sur le marché et être disponible à des fins de contrôle.
Le marquage CE du produit s'accompagne alors du numéro d'Organisme Notifié.
Attention, bien que l'Union Européenne ait officialisé le domaine d'intervention des Organismes Notifiés, des cas nous ont été reportés de produits bloqués en douane du fait de l'absence de ce numéro d'Organisme Notifié alors que l'intervention de ce dernier ne se justifiait pas…
Les terminaux de télécommunications filaires sont soumis uniquement aux dispositions de la directive basse tension (mais attention sans qu'aucune limite basse de tension) et de la directive sur la compatibilité électromagnétique.
Chaque équipement doit être accompagné d’une déclaration selon laquelle l’appareil est conforme aux exigences de la directive comprenant en particulier le respect des exigences essentielles et des dispositions rappelées dans les trois points ci-après :
Point 1 :
Le marquage CE adéquat doit être apposé sur les appareils, sur l’emballage et sur les documents d’accompagnement en application de l’article 12 et de l’annexe 7 de la directive R&TTE.
Dans certains cas un marquage d’avertissement destiné à avertir l’acheteur potentiel que l’équipement n’est pas utilisable dans tous les pays européens sera apposé (il peut dans certains cas être accompagné du numéro d'Organisme Notifié).
Point 2 :
Le responsable de la mise sur marché est obligé de fournir à l’utilisateur toutes les informations nécessaires se rapportant à la destination et aux restrictions éventuelles quant à l’utilisation de l’appareil (voir article 6.3 de la R&TTE). Ces informations doivent être claires et compréhensibles afin que l’acheteur potentiel soit informé. Certaines informations doivent figurer sur l’emballage !
Point 3 :
Chaque Organisme en charge de la gestion des fréquences dans les pays concernés par la mise sur le marché de l'équipement doit être informée au moins quatre semaines à l’avance dés lorsque la fréquence d'utilisation de cet équipement n'est pas harmonisé, et ce, en application de l’article 6.4 de la R&TTE.
(Nota : "Dans le cas d’équipements hertziens utilisant des bandes de fréquences dont l’utilisation n’est pas harmonisée dans l’ensemble de la communauté. Le fabricant ou son mandataire établit dans la communauté ou la personne responsable de la mise sur le marché informe l’autorité nationale responsable de la gestion des fréquences dans l’état membre concerné de son intention de commercialiser ces équipements sur son marché national. La notification est faite au moins 4 semaines avant le début de la mise sur le marché et comprend des informations sur les caractéristiques hertziennes des équipements (en particulier, bandes de fréquences, espacement des canaux, type de modulation et puissance RF et le numéro d’identification des organismes notifiés visés aux annexes IV et V.").
Différentes procédures d'évaluation de conformité sont définies par la directive R&TTE.
Procédure 1 :
Le fabricant ou le distributeur choisit la procédure d'évaluation de conformité de son équipement sur la base d'un contrôle interne de la fabrication (Annexe II de la directive).
Cette procédure concerne les équipements terminaux de télécommunications raccordés à un réseau ouvert au public et les récepteurs radio.
Le fabricant déclare que les produits commercialisés satisfont aux exigences de la directive R&TTE qui leur sont applicables.
Cette déclaration, accompagnée d'une documentation technique qui doit couvrir la conception, la fabrication et le fonctionnement du produit constitue le dossier technique consultable chez le fabricant ou le distributeur déclarant
Procédure 2 :
Le constructeur choisit la procédure d'évaluation de conformité de son équipement sur la base d'un contrôle interne de fabrication + essais spécifiques de l'appareil. (Annexe III de la directive).
Cette procédure concerne les équipements radioélectriques (à l'exception des récepteurs et quelle que soit leur destination) auxquels le fabricant applique des normes harmonisées.
La procédure est la même que celle décrite au paragraphe précédent. Pour cette procédure, le constructeur doit effectuer ou faire effectuer toutes les séries d'essais radio essentielles définies dans les normes harmonisées. Si la norme harmonisée ne définit pas les séries d'essais jugées essentielles, le fabricant doit consulter un organisme notifié qui peut, ou non, émettre un avis. Si un organisme notifié intervient, son numéro d'identification doit être apposé sur l'équipement et l'emballage.
Procédure 3 :
Le constructeur choisit la procédure d'évaluation de conformité de son équipement sur la base d'un dossier de construction technique. (Annexe IV de la directive).
Cette procédure concerne les équipements radioélectriques auxquels le fabricant n'a pas appliqué les normes harmonisées ou ne les a appliquées que partiellement.
Le constructeur soumet un dossier de construction technique à un ou plusieurs organismes notifiés. Chacun d'eux doit être informé de la saisie des autres.
Le dossier de construction technique comporte la documentation technique et la déclaration de conformité aux séries d'essais radio.
L'organisme notifié examine le dossier au regard des exigences essentielles applicables.
Lorsque le respect de ces exigences n'est pas suffisamment établi, il adresse un avis au responsable dans un délai de 4 semaines à compter de la réception du dossier.
Même après un avis négatif d'un organisme notifié, un fabricant peut commercialiser son équipement. La responsabilité finale incombe toujours au fabricant.
L'appareil peut être mis sur le marché au terme du délai de 4 semaines.
Procédure 4 :
Le constructeur choisit la procédure d'évaluation de conformité de son produit sur la base du système d'assurance qualité complète (Annexe V de la directive).
Cette procédure peut s'appliquer indistinctement aux équipements terminaux de télécommunications ou aux équipements radioélectriques.
Le constructeur présente à l'organisme notifié de son choix une demande d'évaluation du système d'assurance qualité complète qu'il met en œuvre pour garantir la conformité de ses produits aux exigences essentielles qui leur sont applicables.
Cette demande comporte les informations appropriées sur les produits concernés ainsi qu'une documentation complète permettant d'apprécier la qualité de la conception du produit, de sa fabrication et du contrôle de celle-ci.
Après un examen sur pièces et éventuellement sur place, l'Organisme Notifié prend une décision motivée d'évaluation qui approuve le système d'assurance qualité complète.
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